En direct live de Rhodes, des niouzes du November-Mike qui se prend pour le Colosse.

Une semaine qu’on est partis. Une semaine, mais quelle semaine !!!
Je vais vous dire : quitter la doulce France devient une galère de plus en plus difficile. Je pèse mes mots. Après un mois de mai médiocre et un mois de juin pourri (je parle pour ceux qui habitent en région parisienne), on a vu arriver l’été sur le calendrier mais certainement pas sur l’herbe bien verte, tellement elle est arrosée, de nos 05/23 et 10/28 à Chavenay.
Donc nous voilà prêts en ce début juillet qui s’annonce aussi m..dique que le mois précédent pour une nouvelle aventure aéronautique, destination cette fois-ci : la Grèce. Finies les chimères de tour de la Baltique de l’an dernier, je n’y crois plus, fini le Maroc (pour l’instant !) avec ses nièmes tentatives de passage de l’Atlas, constamment bloqué par des Cunimbs qui nous barrent le passage au sud, que ce soit par le Tizi’nTichka vers le Drâa ou par le tunnel du Légionnaire vers le Ziz, et qui nous obligent à contourner par Agadir, cette fois-ci, c’est du sûr, du sérieux, du solide : la Grèce, le pays où le ciel bleu est inscrit au quotidien, le CAVOK gravé obligatoire, on y est allés déjà 3 fois avec que du bonheur, y a pas de raison que ça ne se reproduise pas.
Bon d’accord, c’est la théorie, mais encore faut-il pouvoir y arriver…Et c’est là que les choses se corsent, voyons la suite.

Dimanche 1er Juillet : Chavenay… Paray-Le Monial

Le programme initial, c’était cap à l’Est, direction Strasbourg et destination Salzbourg pour passer les Alpes autrichiennes et slovènes vers Ljubljana, rejoindre l’Adriatique à Rijeka, puis Zadar, Split et Dubrovnik en Croatie, et enfin une directe mer Egée via Tirana, les Météores et Athènes.
En pratique, application du plan B pour cause de barrière infranchissable sur un axe Toulouse-Strasbourg, bien installée depuis quelques jours. On a déjà décalé le départ de 24h pour voir si on pouvait espérer une évolution favorable à l’Est, que dalle, aucun changement tangible, si ce n’est que tout le paquet pourri s’est décalé sur l’Allemagne et va gagner l’Autriche… Super…
Donc une journée de perdue, ça suffit, on décide de renverser la vapeur et de faire notre périple dans l’autre sens : on part par le Sud, direction l’Italie et on saute en Grèce via Corfou. Ça, c’est encore de la théorie. Mais, à un moment, il faut aller la vérifier sur le terrain.
On part. Décollage vers 13h, le temps de laisser se dégager les stratus sur la Bourgogne et le Nivernais, et en route pour Grenoble, Montélimar, peu importe mais on prend la route de l’Italie. Arrêt sur image aux Monts du Beaujolais : un mur noir à faire peur au plus intrépide des Stéphane, se dresse devant nous avant d’arriver sur Villefranche. Y a pas à tortiller, ça passe pas (on apprendra le soir que le Cunimb allait de Macon à Montélimar et que le rideau d’eau était tel que les voitures s’arrêtaient sur l’autoroute). Déroutement sur Paray Le Monial, célèbre pour sa basilique, mais surtout ce jour-là pour ses journées portes ouvertes ! On se pose au milieu d’une ambiance festive super sympa, je m’annonce finale 13 alors que j’étais en 31 mais bon, ça devait être l’émotion, et on est mêlés à cette fiesta à grand succès. Bravo et merci au Président de nous avoir si bien accueilli au milieu toutes ces activités super suivies par un public nombreux et mordu. Allez à Paray Le Monial, encore un terrain qui vaut le détour, et pas uniquement pour cause MTO.

Lundi 2 Juillet : Paray le Monial …ITALIE !!!

C’était pas gagné d’avance, je le reconnais. METAR après METAR, pas de quoi pavoiser : vallée du Rhône OK à partir de Montélimar, si on fait abstraction du mistral, mais entre Lyon et Valence, beurk. Heure après heure, demi-heure, après demi-heure, contact répétés avec la MTO aéro, la solution est dans la montagne, mais les massifs Pilat et autrespuys restent bien accrochés. La barrière Toulouse- Strasbourg est toujours active, mais elle ramollit sur le Sud. On se dit qu’on peut essayer de contourner par Clermont, Aurillac, pourquoi pas. Allez, on y va.
Décollage pour Le Castellet, et on va y arriver !!! Roanne, OK, des stratus bas mais FEW donc c’est bon. St Etienne, c’est correct mais c’est derrière, faut monter, et là les barbules s’accrochent et s’épaississent. Je jette un œil vers la gauche et là, j’ai la vallée vers St Chamand qui s’ouvre vers le Rhône. C’est gris, pas beau, mais passable. En contact permanent avec St Etienne puis Lyon, on descend et on saute le petit massif restant avant Vienne, ça y est c’est passé, on est dans le couloir rhodanien et ça va se dégager au fur et à mesure, au prix d’un mistral standard et de la turbulence qui va avec (20 nœuds rafales 35 à Orange) mais maintenant il fait beau, il fait beau, CAVOK, on n’avait plus vu ça depuis des lustres !!! Transit sud de Marseille, le Château d’If, la Bonne Mère, les calanques que du bonheur !!!! Escale technique au Castellet, refueling, plan de vol pour Pise (il a fallu que je négocie grave avec les autorités, normalement 48H de prior notice, mais est-ce que je pouvais prévoir que 1/ je ne passerai pas par Salzbourg et 2/ que Lucca mon terrain favori d’àcôté était fermé le lundi !!!). A 18h on est en l’air à 20h30 on est posés à Pise, après s’être fait une orgie de Côte-d’Azur, de transit sud 500 pieds de Nice, d’Antibes à Monaco, de Riviera, de côte Ligurienne magnifique au soleil rasant (ah, les Cinq Terres !), on est sauvés, on est passés, à nous le CAVOK en barre !

Mercredi 4 Juillet : Pise-Corfou

Une journée toscane de décompression et nous voilà repartis pour une belle tirée. Objectif de la journée : la Grèce, rien que ça. La botte sur toute sa longueur. Départ aux aurores pour nous : 9h30 en l’air après toutes les formalités et le refueling. Un pur vol canonique : Volterra, Sienne, Pérouges (mise en attente pendant 4 tours au-dessus du lac pour laisser se poser un Alitalia), un autre 360° autour d’Assise avant d’attaquer les Apennins (d’où l’intérêt de partir tôt, because que les orages doivent péter dès le début d’après-midi sur L’Aquila et toute la chaine Sud), grimpette à 6500 pieds et redescente sur Pescara et l’Adriatique. Escale technique et repos à Foggia à côté de la grosse base d’Amendola, les bidasses sont cool et nous raccourcissent les trajets VFR imposés de contournement de leur zone. Puis, redécollage pour Kerkira (Corfou), re-côte Adriatique, Pouilleuse de par le nom, mais magnifique : succession de ports fortifiés et églises imposantes en pierre très blanche, à visiter d’en bas également sûrement ! Bari, Brindisi, puis Otranto, on quitte la côte, un bon paquet de VSV à cause de la brume de chaleur, mais au bout de 15’, ça y est, Othoni, l’ilot à 20 kms avant Corfou apparait dans la brume et on quitte le FL55 pour rejoindre l’île grecque la plus italienne qui soit. Soirée de récup’, feta et linguine, on y est.

Jeudi 5 Juillet : Corfou-Santorin

C’est bon, on a refait notre retard, mais c’est pas pour autant qu’il faut s’endormir sur nos lauriers. Donc on y retourne avec pour objectif le plein milieu de la mer Egée, le volcan le plus récent, la Cyclade la plus extraordinaire, le paysage le plus spectaculaire que je connaisse en Europe, j’ai nommé : Santorin.
Je vais vous dire : faire de l’avion, on est tous des fous furieux, on adore ça, c’est notre passion, notre bonheur, c’est un fait, on n’en parle plus. Mais voler ici, au-dessus d’un paysage aussi fabuleux, déjà vu d’en-bas, je ne dis pas que c’est la consécration d’une vie aéronautique, mais que si ça n’en est pas loin, ça y ressemble. Et puis, en fait, si, c’est la consécration : c’est juste à se taper le cul par terre, c’est de la jouissance à l’état pur. Amis de l’aéronautique, en vérité je vous le dis, groupez-vous, unissez-vous, mais payez-vous ça une fois dans votre vie et vous comprendrez ce que j’essaie de dire.
Donc tout commença par une Corfou-Mégara, via la magnifique côte ionienne, Patras et le golfe de Corinthe avec une finale sur le canal, Mégara où on est acceptés sur le terrain bien que militaire pour refueler, puis redécollage après avoir demandé l’incroyable, à savoir le transit d’Athènes, depuis le Pirée jusqu’au cap Sounion. Accepté, à 1500 pieds, le Parthénon en fond, génial. Une heure de survol maritime de Kéa à Santorin, on rebondit de Cyclade en Cyclade, Syros, Sefiros, et autres Paros, et 2 tours complets du volcan, de sa caldera, de survol de Fiera et Oiaincroyablement accrochés sur la falaise, une finale 34 et nous y voilà !

Samedi 7 Juillet : Santorin-Rhodes

Après les Cyclades, le Dodécanèse. Toujours plus loin. Après 24h de bulle-plage-quad, plan de vol pour Rhodes, terme le plus éloigné de notre périple de cette année. Pas beaucoup d’îles entre Santorin et Rhodes mais on va en rajouter en faisant un crochet par Anafi, Astipalia, Kos, Niseros et Tilos. En pratique, Kos App voudrait nous en retirer une (je négocierai une incursion dans leur TMA pouréviter une tirée trop longue sans voir la terre, ah Lindberg, mon pauvre, mais faut être complètement barzingue pour voler 33h sans voir un caillou !!!), et Rhodes nous en rajoutera une pour aller sur Symi pour une approche régulée en fonction d’un trafic intense (ça y est les dizaines de charters arrivent, c’est l’été ici, le vrai !). J’ai oublié de mentionner que tout ceci se passe sous un CAVOK superbe, peu de vent pour la région (18-20 nœuds, autant dire que dalle), Eole est au repos, ça ne bouge pas, visi tout à fait correcte (sup à 50kms) et que l’avion est une merveille de régularité et de plaisir à piloter.
A 11h on est posés, les pleins sont faits pour repartir dans 2 jours si tout va bien pour la Crète (le vent s’est levé ce soir, on va voir si ça va durer), et on va visiter la cité des chevaliers de l’Ordre et tout ce que l’Unesco a classé au Patrimoine de l’Humanité.

A bientôt sur nos lignes !
Aéronautiquement vôtre,

Christine et Gabriel Marquette

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